projet 17 Mai

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Har oui que j’aurais voulu être prévenu du projet 17 Mai en hommage à la date où l’homosexualité à été enfin retirée des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé. Faire une journée mondiale, réunir des artistes pour donner leur point de vue ou une anecdote sur le sujet, sensibiliser les gens oui, tout ceci est louable, Cependant, ce qui serait bien c’est de faire reculer concrètement l’homophobie avec l’aide de l’éducation nationale, notamment avec plus de 4 heures d’éducation sexuelle répartie sur plus de 12 ans de scolarité.

Le genre d’initiative du projet 17 Mai est donc une bonne idée mais dispose-t-elle des moyens concrets de pouvoir faire changer le point de vue d’homophobes qui ne sont pas nos proches? (j’aime d’ailleurs beaucoup la participation de fond faite par Zelba que je trouve la plus réfléchie de toutes, mais jetez quand même un oeil aux autres. Je vous conseille aussi celle de Erika Moen à propos du terme “queer”. )
Tout comme rare sont les personnes lisant les textes de plus d’une ligne, je suis assez certain qu’un homophobe a peu de chances de se dire “oh tiens, un site qui va me parler d’homos, et si je le lisais en entier?”.

Ceux qui sont du genre à avoir 20 mots de vocabulaire (il a été démontré que disposer de moins de moyens de communiquer, donc moins de mots entre autres, favorise une expressivité plus physique et une argumentation plus musclée. eux et celles concernés par l’homophobie la plus marquante ne sont pas uniquement de ceux-ci) et qui ignorent jusqu’au sens du mot “argument”.

La réflexion est le début de la remise en cause, et tant qu’il existera des formules admises comme “ça s’fait pas” qui cherchent à tuer la réflexion il subsistera des freins à l’amélioration de qualité de vie sociale. Décider qu’il y a des choses qui ne se font pas et “c’est pas autrement” c’est un argument d’autorité qui dit par là même “tu es trop bête pour que je t’explique”. Bien que souvent une personne vous disant que telle chose ne se fait pas serait bien incapable de vous expliquer pourquoi ça ne se fait pas (autrement que “parce qu’on m’a dit que ça se fait pas sinon je me prends une baffe”). Le principe de toute tradition est dans cette perspective obscurantiste, car une tradition doit être reproduite sans jamais être remise en cause. bien que je ne dise pas que toutes les traditions soient à jeter il est important de saisir les enjeux d’un tel blocage qui peut dans le meilleur cas relever de la paresse intellectuelle et dans le pire des cas de l’argumentation circulaire.
Bien que l’homosexualité ou la branlette par exemple aient toujours existé dans toutes les espèces, on voudrait nous faire croire que ce sont des choses nouvelles à proscrire. Si vous entendez “c’est la première fois dans l’histoire qu’il se passe une telle chose” vous pouvez être sûr que la personne qui écrit ou dit ça n’est pas très au courant de ce dont elle parle.

Dans un registre pas si éloigné, la créativité fait peur.
C’est aussi pour ces raisons de refuser le changement, que chaque nouvelle chose est plus souvent dépréciée qu’appréciée. Un peu comme l’arrivée de la télé était décriée par la radio, avant cela le cinéma décriait la télé, les moines copistes accusaient l’imprimerie de tous les maux, les peintres n’étaient pas aimés par les sculpteurs, les billets n’étaient pas aimés des marchands à l’époque des sacs de pièces pour seule monnaie, free mobile est toujours plus accusé par les autres opérateurs plus anciens, la BD toujours pas vue comme un art à part entière malgré plusieurs centaines d’années d’existence, le rejet du langage sms (que je trouve affreux et fait perdre plus de temps qu’il n’en fait gagner à celui qui écrit ni a celui qui lit), la télé s’acharne férocement à dire du mal d’internet et de tout ce qui peut nous en détourner (les jeux vidéos ça fait du temps de télé en moins, et puis “s’amuser? attends, la vie c’est fait pour souffir!” Là, il faut comprendre que ce n’est pas plus une conséquence de 2000 ans de culture du martyr que de la jalousie de voir d’autres disposer de la chance de vivre une vie plus heureuse. )…


peut être que la poste a dit du mal des e-mails, il faudrait que je vérifie;

le “c’était mieux avant” qu’on nous sert à la première occasion pour témoigner d’un âge d’or qui n’a jamais existé qu’entre des oeillères, de préférence à une époque dont on a des souvenirs vagues voire qu’on a pas expérimenté, et qui montre surtout que l’on se focalise sur les mauvaises choses plutôt que sur les bonnes (avec l’effet à l’extrême inverse qui n’est pas bon non plus, voyez donc 500 Days of summer) , la danse contemporaine “c’est pas de la danse”… je vous laisse trouver d’autres exemples.

Bon sinon, en attendant vous pouvez aussi contribuer à l’éducation en le faisant vous même avec votre entourage et en prenant la patience de répondre à leur arguments et autres à-priori.

Dans un monde idéal chacun laisserait vraiment les autres vivre leurs amours et leurs sexualité comme bon leur semble, on serait même tenté de se dire que c’est déjà le cas.
Sauf qu’il suffit d’entendre discuter quelques inconnus à une terrasse de café ou dans un bus pour se rendre compte que pas du tout.

Il reste un écueil à ne pas commetre: croire que parce que vous êtes contre l’homophobie vous détenez la vérité ultime et que quiconque vous contredit doit finir sur un bûcher: ce serait aussi stupide que de vouloir laver le sang par le sang. Et nous savons que le sang est inefficace comme lessive. Dans le genre “Dieu parle à travers ma voix” on retrouve les psychologues de magazines féminins qui véhiculent des idées arriéristes telles que “être pénétré c’est être dominé” et autres prétendues féministes qui ne laisseraient pas un homme défendre la liberté des femmes, “parce que c’est un homme il peut pas comprendre”.

Cependant il y a un aspect qui me rassure quand même dans tout ceci, c’est qu’il n’y a pas besoin d’être homo pour se sentir concerné par la médiocrité sociale inhérente à l’homophobie, et que nous sommes nombreux à vouloir davantage de tolérance.
Paix et amour sur vous!