[tuto] Comment écrire un bon scénario

Oyez oyez scénaristes de tout poils,
si vous voulez vous améliorer voici quelques conseils que j’ai retenu de mes cours de scénario et d’écriture-narration pendant les 2 dernières années, avec quelques ajouts personnels.
On peut écrire une très bonne histoire sans suivre ces conseils, mais ils sont bons à savoir, de même que l’anatomie est utile à connaître même si on ne dessine pas dans un style réaliste.

Pré requis

–>Vous voulez écrire une nouvelle histoire.
–> Ou bien, vous voulez remanier une histoire que vous avez déjà écrite.
Dans ce 2e cas, il faut vous attaquer à une histoire dont vous n’aurez pas peur de faire de gros changements. Nous allons voir comment et pourquoi faire de gros changements améliorera considérablement la qualité de vos histoires.

Conditions d’écriture

De bonnes conditions pour l’écriture peuvent être une ambiance sonore ou visuelle qui vous conviennent. Pas besoin de matériel de pointe, un papier et un crayon suffisent, toutefois, le crayon peut s’effacer facilement contre votre gré. Pensez donc à toujours sur vous avoir un calepin de poche et un mini stylo qui ne bave pas, des fois que vous ayez une idée géniale en dehors de votre domicile.
On admet qu’il n’y a pas d’endroit qui ne peut pas vous apporter de bonnes idées.
L’inspiration n’est pas à mendier mais à provoquer soi même.
Pour se lancer à l’écriture n’exigez rien de ce que vous allez écrire. Marquez simplement ce qui vous passe par la tête, même si c’est « chapeau, cacahuète, cailloux rouges ». Vous ferez le tri plus tard. Commencez à écrire dans cet état d’esprit.

Une fois que vous êtes échauffés ou que vous avez rédigé quelques courts essais pas forcément finis, pensez à une histoire que vous auriez envie d’écrire.
Quelques idées jetées comme elles vous viennent sur un papier vous aideront à voir l’ensemble (c’est un brainstorming, une tempête de cerveau).
Réfléchissez au support sur lequel sera raconté votre histoire, car vous n’allez pas rédiger de la même façon une pièce de théâtre qu’un film, un roman, ou une BD.

Repérer un mauvais scénario

Il y a une question simple à se poser pour se lancer dans l’écriture d’une histoire qui vous plaira : « qu’est-ce que j’ai envie de voir ? ».
Quand on cherche à écrire des scénarii, il est bon de regarder comment sont construits ceux de films où d’ouvrages très divers, même les mauvais pour comprendre pourquoi ils le sont, afin de savoir ce qui est à éviter.
Il est difficile de repérer les tournures scénaristiques qui constituent des histoires qui nous sont arrivées personnellement dans la vraie vie.
Toute histoire peut se résumer en une ou deux lignes narrant le fil principal (en omettant toutes les trames de second plan).
Une histoire trop complexe échappera aux lecteurs.
Essayez de faire un pitch de vos histoires, c’est un excellent exercice pour voir si vous avez une idée claire de ce que vous voulez faire, et si c’est facile à comprendre.

Explications intra textuelles

Ce qui fait que vous allez préférer raconter une partie d’une histoire en de longs passages plutôt qu’en un petit texte explicatif (ce qui peut être utile aussi), c’est ce que vous décidez de communiquer au lecteur/ spectateur.
Certains aspects de votre histoire n’ont pas besoin d’être expliqués. (« mais pourquoi les zombies veulent manger nos cerveaux et pas ceux des brebis du charcutier? » ce n’est pas forcément le propos de votre récit, il vaut mieux donc ne pas l’évoquer.) Ne vous perdez pas dans l’explication détaillée et logique de l’origine de chaque point de votre histoire, au risque de faire ressembler votre production à une démonstration qui n’en finit pas.
Même si vous voulez faire de la vulgarisation scientifique, stockez les aspects facultatifs d’explications que vous voulez absolument placer en annexe ou supprimez les de la diffusion. Pensez aux lecteurs.
On peut toujours améliorer un scénario, alors il faut savoir décider d’un moment où ne plus y toucher.

Personnages

Un mauvais personnage n’apporte rien à l’histoire.
Si vous pouvez en supprimer un de votre récit sans que ça n’en change la trajectoire, alors il vaut mieux l’enlever.
Un bon personnage doit avoir permettre une identification, il doit alors avoir quelque chose d’humain, même si il n’en a pas l’apparence. Un personnage qui serait méchant sans aucune raison a peu de chances d’être crédible. Plus vos personnages seront définis (vous connaissez leur vie de A à Z, leur métier, leur famille, leurs goûts, leur tempéraments, leurs apparences, leur niveau de langage…) plus ils seront vivants.
Tout n’a pas besoin d’être révélé au lecteur, mais que vous sachiez ces choses rendra crédible leur comportement général, leurs habitudes, leurs tics…
Utiliser des archétypes (rôle familial, statut social…) ou interpréter des histoires que tout le monde connaît peut vous permettre de faire passer plus facilement des aspects qui vous sont propres. Vouloir raconter des histoires 100% originales n’est pratiqué que depuis l’invention du roman (où l’on se raconte soi même) il y a environ deux siècles.
Mettre des personnages très différents au même endroit (Laurel et Hardi, Harry Potter et Béatrix Potter :D) entraîne de bonnes dynamiques scénaristiques. « Comme si on déplaçait des billes sur un disque qui tiendrait en équilibre par le centre, le disque bascule»
Jouer d’un trio de personnages principaux permet une mise en mouvement très facile.
Utiliser les 7 péchés capitaux est aussi un très bon moteur d’histoires.
L’amour sans désir sexuel, jalousie ou convoitise (etc) est un ralentisseur d’action.

Si vous écrivez pour le théâtre, faites les se déplacer sur la scène tant que possible et utilisez la gestuelle pour communiquer. Un déséquilibre crée naturellement une dynamique qui facilite le suivi du spectateur et le maintient alerte à ce qu’il voit.
Et tant que les personnages sont intéressants, il peut leur arriver n’importe quoi , l’histoire sera intéressante.

Dialogue

Si votre histoire présente des dialogues en film ou en BD, faites en sorte qu’ils ne soient pas descriptifs de l’image qui les accompagnent. (« je me promène allégrement dans le pré avec un panier à la main et je chante lalalaaaa » + image redondante ) Si vous ne pouvez pas faire comprendre ce qui se passe dans une scène ou une case de BD sans passer par un personnage qui dit ce qu’il passe, c’est que votre image de BD ou votre scène de film est mal construite.
Dans la vraie vie on ne parle pas tout le temps, et un silence bien mesuré en dit parfois plus long qu’une description, utilisez les silences avec soin.
Ne confondez pas le silence et les points de suspension. Dans un BD, une bulle remplie de points de suspension encombre l’image et risque de faire zapper la case par vos lecteurs. C’est donc une pratique à éviter.

Scènes

Chaque élément qui ne fait pas avancer votre histoire ou qui ne sied pas à l’ambiance que vous voulez décrire doit être supprimé.
Concernant les descriptions, arrangez vous pour que le lecteur ait des images pour nourrir son imaginaire et prenez garde à organiser vos mots pour qu’ils ne mènent pas à des contresens visuels (quand on lit « il fait noir comme une nuit sans lune », on a tous en tête l’image de la lune, ce qui est contraire au « noir » que l’on veut décrire), des répétitions agaçantes (répéter « horrible » par exemple, finit par rendre la situation plus ridicule qu’autre chose, donc FAIL. décrivez plutôt votre idée de l’horreur )ou des vides descriptifs (« une lumière froide » ne décrit pas comment c’est froid, employez des adjectifs ou des descriptions caractéristiques de couleur ou de matière pour étoffer vos images).
Ne négligez pas un seul des cinq sens.

Aspect syntaxique du récit

Pour ce qui est des scénarii diffusés sans images, une fois que vous avez écrit votre texte sur ordinateur, reprenez le et organisez le en paragraphes et alinéas pour distinguer le déroulement de vos idées.
Pour rendre agréable la lecture « Aérez vos pages ».
Corrigez vos fautes d’orthographe, d’accords et de syntaxe.
Word souligne les fautes et fournit des synonymes avec un clic droit sur un mot, si vous avez le dico des synonymes installé, vous pouvez aussi en trouver sur le net. (En Anglais on dit « Thesaurus »)
Déplacez des propositions, bref « essayez ».
Gardez en tête que c’est en forgeant qu’on devient forgeron.
Enfin, rappelez vous de cette phrase : « qu’est-ce que j’ai envie de voir ? ».

Vocabulaire

Enrichissez votre vocabulaire de synonymes, de mots de plus de trois syllabes, d’étymologies, de visites hasardeuses dans un dictionnaire. Apprenez à enrichir votre vocabulaire pour pouvoir diversifier vos personnages et sachez remplacer des formules pauvres de sens comme « il y a » par des verbes appropriés (exister, trouver, voir, mener, apercevoir, être, …). Dialectes, accents, langues, âge.
Ne placez pas plus d’un « et » dans une même phrase, servez vous des virgules, de points virgules, puis d’autres liaisons « mais , où, et, donc, or, ni, car ; premièrement, d’ailleurs, d’abord, dès lors, ensuite, enfin ».
Si vous rédigez des poèmes ou des chansons, vous aurez aussi besoin de notions de scénario. Faites le moins possible de rime en « é » ou de remplissage de vers avec des mots comme « vraiment », ou « très ».
Aussi, si vous aimez la Science Fiction ou la Fantasy, ne noyez pas le lecteur dans des mots tarabiscotés pour désigner des objets ou des choses qui ont déjà un nom dans le monde réel(en Français par exemple). Vous pouvez en utiliser, mais limitez vous au minimum utile, si vous cherchez l’exotisme, placez le non pas dans les noms mais dans les descriptions.

N’hésitez pas à faire des remarques où à donner en lien des textes que vous aurez rédigé après la lecture de ce didacticiel.
Vous pouvez aussi en publier sur !Q le forum culturel. Pour vous faire connaître , recevoir des critiques avisées, proposer des collaborations avec des kunautes, les membres de !Q.
Bons scénarii à vous tous, j’espère que ça vous sera utile. 🙂

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